Le dogme
 
La pièce audiomatographique

1. Définitions(s)

Audio(ciné)matographie : ensemble des méthodes et procédés mis en œuvre pour obtenir la reproduction du mouvement par l’intermédiaire d’une bande son enregistrée.
Pièce audiomatographique : pièce écrite par un auteur-réalisateur, faisant appel à un imaginaire croisant le cinéma et le théâtre, répondant à une contrainte de dogme dans sa réalisation.
 

2. Principe

Le concept de la pièce audiomatographique  a été imaginé par une bande d’auteurs-dramaturges dans le but d’ouvrir de nouveaux espaces imaginaires de partage, et afin de continuer à faire œuvre dans un contexte de production théâtral compliqué.
La pièce audiomatographique s’adresse au spectateur du 21ème siècle, aussi familier du cinéma et du théâtre qu’il peut l’être des productions que proposent Internet ou la télévision.
La pièce audiomatographique reste un objet de dialogue entre spectateurs et auteurs, réduisant les intermédiaires entre le producteur et le consommateur, dans un esprit de « circuit court ».
Ainsi, l’auteur-réalisateur des pièces audiomatographiques se doit d’être présent depuis l’écriture de son texte jusqu’au montage.
La pièce audiomatographique renonce à produire d’autres images que celles générées par la matière sonore et la teneur du récit. Dans un monde saturé par les images, la pièce audiomatographique est une invitation pour chacun à reprendre le pouvoir de son imaginaire.
La pièce audiomatographique se démarque de la fiction radiophonique. Elle ne répond pas aux mêmes codes et ne s’affirme d’aucune manière comme un objet de média.
La pièce audiomatographique se livre lors de séances d’écoutes collectives. Comme au théâtre, elle prend en compte l’espace et le caractère cérémonieux du rassemblement des personnes venues la découvrir.
Dans cet esprit, nous convenons lors des séances publiques de ne pas faire usage de casques pour diffuser ces dernières.
La durée d’une pièce audiomatographique peut varier entre vingt et quarante-cinq minutes.
L’espace d’une représentation d’une pièce audiomatographique peut varier suivant sa nature. L’auteur-réalisateur se doit cependant de développer une pensée quant au lieu où sera diffusée la pièce (théâtre, appartement, usine, ascenseur, etc.) ; il sera responsable de la scénographie dans laquelle les spectateurs-auditeurs recevront cette dernière.
 

3. Contraintes de production et de réalisation

Le temps de tournage d’une pièce audiomatographique ne peut en aucun cas dépasser une semaine. Les temps de préparation et de montage ne sont, quant à eux, absolument pas restreints.
Nous convenons, lors du montage, d’utiliser d’autre matière sonore que celles enregistrées durant la semaine de tournage (y compris les habillages musicaux). Ainsi, l’intégralité de la matière sonore de la pièce doit, en conséquence, être pensée par l’auteur-réalisateur en amont.
Il est possible pour l’auteur-réalisateur d’utiliser de la matière improvisée durant la semaine de tournage. Il conviendra cependant de conserver un caractère d’écriture à la fiction.
Les textes écrits devront être appris par cœur par les acteurs en amont afin qu’ils le possèdent dans le corps.
Les interprètes, les créateurs son et les auteurs-réalisateurs des pièces audiomatographiques doivent renoncer à leurs droits de suites de manière contractuelle. Il convient, pour chaque équipe, de penser d’envisager un système de rémunération sur les temps de tournage et de montage.
Bien qu’il puisse se faire aider d’une ou plusieurs personnes, il est indispensable que l’auteur-réalisateur se retrouve présent lors du montage de la pièce. Ce dernier peut également prendre le montage seul en charge (grâce à des logiciels simples de montage du type Audacity).
Les auteurs-réalisateurs des pièces audiomatographiques sont réunis autour d’un groupe ayant pour nom : « Bande ∞ » ; la pièce audiomatographique étant aussi le prétexte d’un dialogue entre auteurs.
Il est demandé à chaque auteur-réalisateur de choisir et d’utiliser un pseudonyme dédié à sa pratique audiomatographique. Si l’œuvre audiomatographique  se trouvait être exploitée à d’autre fin, il lui sera ainsi demandé de changer son nom ainsi que le titre de l’œuvre.